L’Union africaine veut créer une banque continentale de semences
La Rédaction
Publié le 8 oct. 2026 · 3 min de lecture

Une femme examine des semences dans une banque de graines Source : Seed School 2025
Des milliers de variétés agricoles sont cultivées à travers l’Afrique, mais leur conservation reste largement dispersée entre banques de gènes nationales, centres de recherche et collections locales. Face à l’érosion progressive de cette diversité, l’Union africaine veut désormais organiser leur préservation à l’échelle du continent.
L’institution propose la création d’une Banque africaine continentale des semences et des ressources génétiques. Présentée lors du premier Africa Seed Summit, organisé du 5 au 7 octobre à Ezulwini, en Eswatini, l’initiative serait reliée aux banques régionales et nationales déjà existantes plutôt que de se substituer à elles.
L’idée est de constituer progressivement un réseau capable de conserver et documenter les ressources génétiques agricoles africaines, depuis les variétés locales jusqu’aux cultures indigènes et aux espèces sauvages apparentées aux plantes cultivées. Derrière cet objectif de conservation se joue aussi une question très concrète : disposer du matériel génétique nécessaire pour sélectionner les cultures de demain.
La future banque pourrait faciliter l’accès des chercheurs à ces ressources et soutenir le développement de variétés plus résistantes aux stress climatiques, aux maladies et aux ravageurs. Les instituts de recherche, universités, organisations agricoles et entreprises semencières feraient partie de l’écosystème appelé à utiliser ou alimenter ce réseau.
PublicitéLe projet touche ainsi à l’un des maillons les plus stratégiques de l’agriculture : la semence. Les performances d’une exploitation commencent en partie par la qualité et l’adaptation du matériel végétal disponible. Pourtant, les systèmes semenciers africains restent fragmentés, avec des capacités de recherche, de certification et de distribution très différentes d’un pays à l’autre.
Le sommet d’Ezulwini cherche justement à rapprocher ces différents niveaux. Gouvernements, chercheurs, organisations de producteurs, entreprises et partenaires au développement y travaillent notamment sur l’harmonisation des réglementations, l’investissement dans le secteur semencier, l’accès des agriculteurs aux semences de qualité et l’utilisation de nouvelles technologies.
Cette volonté de mieux mesurer les performances du secteur doit également se traduire par le lancement du Seed Sector Performance Index 2025. L’outil doit permettre de comparer les progrès réalisés dans les systèmes semenciers et d’identifier plus précisément les obstacles rencontrés dans les différents pays.
La proposition doit maintenant trouver sa place dans la Déclaration d’Ezulwini sur les systèmes semenciers africains, attendue à l’issue du sommet. Son inscription dans un cadre continental constituerait une première étape vers une gestion plus coordonnée d’une ressource que l’Afrique possède en abondance, mais dont une partie peut disparaître avant même d’avoir révélé son potentiel agricole.










