Afrique du Sud : Tongaat Hulett quitte la Bourse de Johannesburg après 74 ans de cotation
La Rédaction
Publié le 12 oct. 2026 · 2 min de lecture

Entrée du siège de Tongaat Hulett à Amanzimnyama, dans la province du KwaZulu-Natal, en Afrique du Sud Source : Site officiel de Tongaat Hulett
Le groupe sucrier sud-africain Tongaat Hulett s’apprête à tourner une page importante de son histoire. Après 74 années de présence à la Bourse de Johannesburg (JSE), l’entreprise doit être retirée de la cote le 3 novembre 2026. Cette décision intervient dans un contexte de difficultés financières prolongées et de restructuration de ses activités, avec des implications pour l’ensemble de la filière sucrière d’Afrique australe.
Fondé au XIXe siècle, Tongaat Hulett s’est progressivement imposé comme l’un des acteurs historiques de l’industrie sucrière régionale. Ses activités se sont développées au-delà de l’Afrique du Sud, notamment au Mozambique, au Zimbabwe et en Eswatini, à travers la culture de la canne à sucre et sa transformation industrielle.
Le groupe connaît cependant des difficultés financières depuis plusieurs années. Des irrégularités comptables révélées en 2019 ont fragilisé sa situation, tandis que son endettement et ses contraintes de trésorerie ont compromis sa capacité à poursuivre normalement ses activités. En octobre 2022, Tongaat Hulett a été placé sous une procédure de sauvetage d’entreprise destinée à organiser sa restructuration et à préserver, autant que possible, ses actifs opérationnels.
La radiation annoncée constitue une nouvelle étape de cette crise. Elle met fin à la présence du groupe sur le marché boursier sud-africain, sans signifier automatiquement la disparition de l’ensemble de ses activités industrielles. L’avenir des différentes unités dépendra notamment de l’issue des procédures de restructuration, des accords avec les créanciers et des solutions retenues pour les actifs du groupe.
PublicitéLes conséquences dépassent le seul périmètre financier de l’entreprise. Tongaat Hulett entretient historiquement des relations économiques avec des producteurs de canne à sucre, des fournisseurs, des transporteurs et des communautés rurales dont les revenus dépendent directement ou indirectement de ses installations.
En Afrique australe, où l’industrie sucrière joue un rôle important dans plusieurs économies agricoles, les difficultés d’un opérateur de cette taille soulèvent également la question de la pérennité des capacités industrielles et de la stabilité des débouchés agricoles.
La sortie de Tongaat Hulett de la Bourse de Johannesburg illustre ainsi les difficultés auxquelles peuvent être confrontés les grands groupes agro-industriels lorsque les contraintes financières menacent durablement leur modèle économique. Les prochaines étapes de la restructuration permettront de mieux mesurer les conséquences de cette évolution sur la production sucrière régionale.










