Afrique du Sud : 330 millions de rands pour une usine de concentré de pomme
La Rédaction
Publié le 13 oct. 2026 · 3 min de lecture

Caisses de pommes stockées Source : Image d’illustration
Le groupe Walk of Life prévoit d’investir 330 millions de rands dans la construction d’une usine de concentré de jus de pomme à Harrismith, dans la province sud-africaine de l’État-Libre. Annoncé le 9 octobre 2026, le projet doit s’implanter dans la zone économique spéciale de Maluti-a-Phofung et générer 100 emplois permanents ainsi que 600 emplois saisonniers.
Cet investissement intervient dans une filière fruitière dont les volumes de production sont considérables. En 2025, la récolte sud-africaine de pommes était estimée à 1,26 million de tonnes, dont environ 619 000 tonnes destinées à l’exportation. Le pays figure parmi les principaux fournisseurs de pommes fraîches des marchés africains, européens et asiatiques.
La transformation industrielle constitue le deuxième grand débouché de la filière après la commercialisation des fruits frais. Environ 29 % de la récolte est destinée à la fabrication de jus, de concentrés, de purées et d’autres produits transformés. Sur la base de la production de 2025, cela représente près de 365 000 tonnes de pommes, principalement issues des écarts de tri et des fruits ne répondant pas aux standards commerciaux de l’exportation.
Le secteur dispose déjà d’opérateurs spécialisés, notamment Ceres Fruit Processors et Drakensberg Fruit Processors, qui approvisionnent les industries des boissons et de l’agroalimentaire. Walk of Life devra donc s’insérer dans un marché où les circuits d’achat de fruits destinés à la transformation sont déjà organisés.
Le choix de Harrismith présente une particularité. Les principaux bassins pomicoles se trouvent dans le Cap-Occidental, notamment à Ceres, Elgin et Grabouw, ainsi que dans certaines zones du Cap-Oriental. La nouvelle usine sera ainsi implantée en dehors des grandes régions de production. Cette configuration contraste avec celle de plusieurs transformateurs historiques, installés à proximité des vergers.
PublicitéHarrismith bénéficie néanmoins d’une position stratégique sur la route nationale N3, qui relie Johannesburg à Durban. Cet axe dessert le principal bassin de consommation du pays et l’un de ses grands ports commerciaux. L’entreprise pourrait donc bénéficier d’un accès favorable aux marchés de distribution et d’exportation du concentré, tout en devant organiser l’acheminement des pommes depuis les zones de récolte.
Cette distinction entre les lieux de production et de transformation a une incidence économique directe. Les pommes destinées à l’industrie sont généralement commercialisées à des prix inférieurs à ceux du marché du frais. Le transport de grandes quantités de fruits sur de longues distances représente donc une charge importante dans le coût des matières premières.
L’implantation dans la zone économique spéciale de Maluti-a-Phofung s’inscrit dans la politique sud-africaine de développement industriel régional. Le gouvernement cherche à attirer des investissements manufacturiers dans des territoires moins industrialisés, notamment à travers des infrastructures dédiées et des dispositifs d’accompagnement des entreprises.
Pour l’État-Libre, les 330 millions de rands annoncés représentent ainsi un investissement agro-industriel dans une province davantage associée aux grandes cultures céréalières et à l’élevage qu’à la transformation des pommes. Les 700 emplois permanents et saisonniers envisagés constitueraient également une contribution à l’activité économique locale.










