Bénin : 19,17 millions d’euros mobilisés pour développer les cultures de légumineuses
La Rédaction
Publié le 13 oct. 2026 · 4 min de lecture

Hugues Oscar Lokossou, ministre délégué béninois, et Muhammad Al Jasser, président du Groupe de la Banque islamique de développement (BID), lors de la signature de deux accords de financement de 326 millions d’euros, le 12 octobre 2026 à Bangkok Source : Banque islamique de développement (BID)
La Banque islamique de développement (BID) a signé, le 12 octobre 2026, un accord de financement de 19,17 millions d’euros avec le Bénin pour soutenir l’intensification durable des systèmes agricoles à base de légumineuses. Le projet, dont le coût total atteint 20,70 millions d’euros, sera déployé dans cinq pôles de développement agricole afin d’améliorer la fertilité des sols, la résilience des exploitations et la sécurité alimentaire.
L’accord a été conclu à Bangkok, en marge des Assemblées annuelles du Fonds Monétaire International et de la Banque Mondiale, entre le président du Groupe de la BID, Muhammad Al Jasser, et le ministre délégué béninois chargé de la Mobilisation des ressources extérieures et de la Gestion de la dette, Hugues Oscar Lokossou.
Le financement couvre environ 92,6 % du coût du programme. Il fait partie d’un ensemble de 326,06 millions d’euros accordés par la BID au Bénin, dont 306,89 millions d’euros sont destinés à l’élargissement et à la modernisation du corridor routier Godomey-Ouidah-Hillacondji.
Le nouveau programme agricole intervient dans un pays où les légumineuses représentent un segment important de la production végétale. Au cours de la campagne 2023-2024, le Bénin a récolté environ 845 600 tonnes de légumineuses, contre 756 100 tonnes lors de la campagne précédente. Cette progression a été largement portée par le soja, dont la production a atteint 520 929 tonnes, selon les chiffres repris par les autorités béninoises.
La croissance du soja s’est poursuivie au cours des campagnes suivantes. La Direction générale du Trésor français faisait état, en novembre 2025, d’une production attendue de 652 000 tonnes pour la campagne 2024-2025. Cette évolution accompagne le développement des capacités de transformation, notamment dans la Zone industrielle de Glo-Djigbé (GDIZ).
La filière est devenue un débouché important pour l’industrie agroalimentaire béninoise. La transformation du soja permet de produire de l’huile et des tourteaux utilisés dans l’alimentation animale. En 2024, les exportations de tourteaux et d’huile de soja ont fortement progressé, soutenues par les activités industrielles de la GDIZ. Selon le rapport annuel 2025 de l’Agence de promotion des investissements et des exportations, la filière soja représentait 15,8 % des exportations béninoises en 2024, contre 11,9 % en 2023.
PublicitéLe développement de cette production s’accompagne d’une organisation plus structurée du marché intérieur. Pour la campagne 2024-2025, l’interprofession a fixé le prix du soja conventionnel à 275 FCFA par kilogramme et celui du soja biologique à 325 FCFA, auxquels s’ajoutaient cinq FCFA par kilogramme pour les charges liées à la commercialisation. Le gouvernement avait également signalé des sorties frauduleuses de soja vers les pays voisins, malgré la progression des volumes disponibles.
Outre le soja, le financement de la BID concerne le niébé, l’arachide, le pois d’Angole et le voandzou, qui occupent des fonctions différentes dans les exploitations. Le niébé et l’arachide contribuent directement à l’alimentation et aux revenus des ménages ruraux, tandis que le soja bénéficie d’une demande industrielle en expansion.
Leur intégration dans les rotations présente également un intérêt agronomique. Grâce à leur capacité à fixer l’azote atmosphérique en association avec des bactéries du sol, certaines légumineuses contribuent à la gestion de la fertilité des parcelles. Elles peuvent notamment être associées à des systèmes de production céréaliers, dont les performances restent sensibles à la disponibilité des éléments nutritifs.
Cette dimension prend une importance particulière au Bénin, où l’augmentation de la production vivrière repose encore largement sur l’extension des superficies cultivées.
Le programme financé par la BID associe ainsi deux enjeux déjà présents dans l’agriculture béninoise. D’une part, il soutient des cultures dont certaines disposent de débouchés industriels et commerciaux importants. D’autre part, il cible l’amélioration des systèmes de production et de la fertilité des terres dans cinq pôles agricoles.










