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Ghana : un partenariat avec l’Inde pour relancer la production nationale de tomates

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La Rédaction

Publié le 13 oct. 2026 · 4 min de lecture

Ghana : un partenariat avec l’Inde pour relancer la production nationale de tomates

Signature d’accords de coopération entre le Ghana et l’Inde dans les domaines de la recherche agricole et de la biodiversité, le 6 octobre 2026 à Accra

Source : Ministère des Affaires étrangères du Ghana

Le Ghana et l’Inde ont conclu, le 6 octobre 2026, un accord de coopération agricole de cinq ans qui accorde une place prioritaire à l’amélioration de la production de tomates. Signé entre l’Indian Council of Agricultural Research (ICAR) et le Crops Research Institute du Council for Scientific and Industrial Research (CSIR-CRI), ce partenariat intervient alors que le Ghana reste fortement dépendant des importations pour approvisionner son marché en tomates fraîches et en produits transformés.

L’accord prévoit des programmes de recherche conjoints, des échanges de chercheurs, de matériel végétal et de connaissances techniques, ainsi que le développement et la commercialisation de technologies agricoles. Les premières activités porteront sur la sélection et l’introduction de variétés de tomates à haut rendement, adaptées aux conditions de production ghanéennes. L’entreprise Arima Farms Ltd. interviendra comme partenaire commercial du CSIR-CRI pour certaines activités de recherche et de valorisation.

La question des rendements occupe une place centrale dans la filière ghanéenne. Selon des données communiquées en mars 2026 par le ministre de l’Alimentation et de l’Agriculture, Eric Opoku, le pays produit environ 510 000 tonnes de tomates par an pour une demande estimée à 805 000 tonnes. Le déficit atteint ainsi près de 295 000 tonnes, auxquelles s’ajoutent les difficultés liées aux pertes après récolte. Environ 30 % de la production ghanéenne serait par ailleurs perdue après la récolte, selon les estimations présentées par les autorités.

Le ministre évaluait également le rendement moyen national à environ huit tonnes par hectare, contre 18 tonnes au Burkina Faso. Cet écart contribue à expliquer la compétitivité des producteurs burkinabè sur le marché ghanéen, particulièrement pendant les périodes où l’offre locale diminue.

Les échanges avec le Burkina Faso occupent une place particulière dans l’approvisionnement du Ghana. En mars 2026, Ouagadougou a suspendu temporairement ses exportations de tomates fraîches afin de réserver davantage de matières premières à ses propres unités de transformation. La mesure, levée début avril après des discussions entre les deux pays, a mis en évidence la dépendance des commerçants ghanéens à l’égard de cette origine.

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Le recours aux importations concerne également les produits transformés. En août 2026, des chercheurs du CSIR ont estimé à plus de 230 millions de dollars par an les achats extérieurs de tomates fraîches et de produits dérivés. Leurs évaluations de la demande totale, qui intègrent différentes catégories de produits, sont supérieures aux estimations ministérielles portant sur les tomates fraîches.

L’amélioration variétale constitue l’un des moyens retenus pour accroître la production nationale. Les chercheurs du CSIR-CRI estiment que les rendements actuellement observés, généralement compris entre sept et dix tonnes par hectare, restent très inférieurs au potentiel de certaines variétés améliorées cultivées avec des pratiques agronomiques adaptées. La forte utilisation de semences hybrides importées représente également un enjeu pour le développement d’une offre semencière locale.

Le partenariat avec l’ICAR doit permettre aux équipes ghanéennes d’accéder à de nouvelles lignées de tomates et à du matériel génétique destiné aux travaux de sélection. Les deux institutions prévoient également des échanges de scientifiques et la mise en œuvre de projets communs. Un groupe de travail conjoint supervisera les activités, avec des réunions organisées alternativement en Inde et au Ghana.

Cette coopération complète les initiatives déjà engagées par Accra. En septembre 2026, le gouvernement a lancé la Ghana Tomato Self-Sufficiency Initiative, qui vise une première production de 100 000 tonnes pendant la campagne 2026-2027, avant une montée en puissance vers 400 000 tonnes annuelles. Ce programme associe les autorités publiques à des partenaires privés et prévoit des interventions sur la production et l’organisation de la filière.

Le volet technologique de l’accord avec l’Inde dépasse par ailleurs la seule tomate. Les deux pays souhaitent développer des travaux sur la transformation du manioc, de l’igname et d’autres tubercules, ainsi que sur les infrastructures post-récolte. Les domaines mentionnés comprennent le stockage frigorifique, le transport réfrigéré, le tri, le calibrage et les procédés de transformation.

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