Le Ghana lève 3,39 milliards de cedis pour financer ses achats de cacao
La Rédaction
Publié le 7 oct. 2026 · 2 min de lecture

Contrôle de la qualité des fèves de cacao au Ghana. Source : Ghana Cocoa Board (COCOBOD).
Le Ghana commence à tester son nouveau modèle de financement domestique du cacao. Cocoa Capital PLC, véhicule financier entièrement détenu par le Ghana Cocoa Board, a mobilisé 3,39 milliards de cedis lors de la première émission de billets de trésorerie destinée à soutenir les achats de fèves de la campagne 2026-2027.
L’opération portait initialement sur 4 milliards de cedis. Le montant finalement levé représente donc environ 85% de l’objectif. Les titres ont une maturité de 266 jours et offrent aux investisseurs un rendement de 11 pour cent.
Cette première levée s’inscrit dans un programme beaucoup plus large de 16,3 milliards de cedis lancé par Cocoa Capital. Sur ce montant, 14 milliards doivent être mobilisés sous forme de billets de trésorerie pour répondre aux besoins de liquidité liés aux achats de cacao. Les 2,3 milliards restants doivent provenir d’obligations à moyen et long terme afin de restructurer une partie des anciennes dettes de COCOBOD.
Le Ghana cherche ainsi à réduire sa dépendance à des mécanismes de financement extérieur qui ont longtemps soutenu les campagnes cacaoyères. Pendant plusieurs décennies, COCOBOD levait chaque année des prêts syndiqués auprès de banques internationales avant le début de la campagne. Ce modèle s’est progressivement fragilisé, tandis que les difficultés de financement ont contribué à des retards de paiement et à des tensions de trésorerie chez les acheteurs.
PublicitéLe nouveau dispositif repose davantage sur le marché financier ghanéen. Les remboursements doivent être sécurisés par les recettes issues de contrats de vente à terme de cacao transférées à Cocoa Capital et versées sur des comptes dédiés.
Cette architecture doit permettre de rapprocher les levées de fonds des besoins réels de la campagne et d’échelonner les émissions en fonction des conditions de marché. Après cette première tranche, deux autres opérations sont prévues afin d’atteindre progressivement les 14 milliards de cedis destinés aux achats.
Le montant inférieur à l’objectif initial constitue néanmoins un premier indicateur à surveiller. La capacité des prochaines émissions à attirer suffisamment de capitaux dira dans quelle mesure le marché domestique peut prendre durablement le relais du financement international dans une filière centrale pour l’économie ghanéenne.










