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Joséfa Leonel Correia Sacko : L’ambition africaine à la conquête de la direction générale de la FAO

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Thomas Biakpa

Publié le 5 nov. 2026 · 7 min de lecture

Joséfa Leonel Correia Sacko : L’ambition africaine à la conquête de la direction générale de la FAO

Joséfa Leonel Correia Sacko porte les espoirs du continent africain dans la course à la direction générale de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) / Wikimedia

Dans le paysage diplomatique et agricole africain, Joséfa Leonel Correia Sacko s’est imposée comme l’une des personnalités féminines les plus expérimentées dans les domaines de l’agriculture, du développement rural et de la gouvernance environnementale.

Aujourd’hui ambassadrice de la République d’Angola en Italie et représentante permanente de son pays auprès des agences des Nations unies ayant leur siège à Rome, notamment la FAO, le Fonds international de développement agricole (FIDA) et le Programme alimentaire mondial (PAM), elle franchit une nouvelle étape dans son parcours international en portant la candidature africaine à la tête de la FAO.

Derrière cette ambition se dessine un itinéraire professionnel construit autour d’une conviction fondamentale : l’agriculture constitue un levier stratégique pour lutter contre la pauvreté, garantir la sécurité alimentaire et accélérer le développement économique du continent africain.

Une expertise forgée au cœur des enjeux agricoles africains

Agronome et économiste de formation, Joséfa Leonel Correia Sacko possède une connaissance approfondie des problématiques agricoles et des défis auxquels sont confrontés les pays en développement. Son parcours professionnel témoigne d’un engagement constant en faveur de la modernisation de l’agriculture, de la valorisation des ressources naturelles et du renforcement des capacités productives africaines.

Avant d’accéder aux responsabilités continentales, elle a notamment occupé des fonctions de conseillère spéciale auprès des ministres angolais de l’Agriculture et de l’Environnement. Dans le cadre de ses missions, elle a également exercé comme ambassadrice chargée des questions liées aux changements climatiques.

Ces responsabilités lui ont permis de développer une approche transversale des enjeux du développement, à la croisée des politiques agricoles, de la protection de l’environnement, de la lutte contre la pauvreté et de la sécurité alimentaire.Son expérience s’est également construite à l’échelle internationale. Pendant treize années, elle a dirigé le secrétariat général de l’Organisation interafricaine du café (OIAC), où elle a défendu les intérêts des pays africains producteurs de café. Cette fonction lui a notamment permis de se familiariser avec les enjeux du commerce agricole international, de la compétitivité des filières et de la coopération entre États producteurs.

À la Commission de l’Union africaine, une voix au service des priorités continentalesL’un des temps forts de sa carrière reste son passage à la Commission de l’Union africaine (CUA). De janvier 2017 à 2025, Joséfa Leonel Correia Sacko a occupé le poste de commissaire à l’Agriculture, au Développement rural, à l’Économie bleue et à l’Environnement durable.

À ce poste stratégique, elle a été au cœur de la réflexion et de la mise en œuvre des politiques continentales visant à accélérer la transformation agricole de l’Afrique.Son mandat s’est inscrit dans un contexte marqué par des défis majeurs : insécurité alimentaire, changements climatiques, dégradation des terres, faiblesse des investissements agricoles, dépendance aux importations alimentaires et vulnérabilité des populations rurales.

Face à ces enjeux, elle a contribué à promouvoir une vision intégrée du développement africain, fondée sur la transformation des systèmes agroalimentaires, la résilience climatique, la valorisation des ressources naturelles et le développement des chaînes de valeur agricoles.Cette expérience continentale constitue aujourd’hui l’un des principaux atouts de sa candidature. Elle lui confère une connaissance directe des réalités africaines, mais également des mécanismes institutionnels et diplomatiques nécessaires à la conduite de politiques agricoles à grande échelle.

La candidature africaine à la direction générale de la FAO

En 2026, son parcours prend une nouvelle dimension avec son positionnement comme candidate de l’Afrique au poste de directrice générale de la FAO pour le mandat 2027-2031.

Sa candidature, approuvée par consensus par l’Union africaine, a été officiellement lancée par le gouvernement angolais en avril 2026, à travers le ministre des Relations extérieures, Téte António.

Cette désignation traduit la volonté du continent de défendre une représentation africaine de premier plan au sein de l’une des institutions internationales les plus importantes dans le domaine de l’alimentation et de l’agriculture.

Plusieurs États africains ont également manifesté leur soutien à sa candidature, notamment la République démocratique du Congo et le Gabon, dont l’appui a été officialisé en Conseil des ministres en septembre 2026.Au-delà de la dimension nationale et diplomatique de cette candidature, l’enjeu est également continental.

L’Afrique demeure confrontée à des défis considérables en matière de sécurité alimentaire, alors même qu’elle dispose d’importantes ressources agricoles, hydriques et foncières, ainsi que d’un potentiel humain et économique considérable.La candidature de Joséfa Leonel Correia Sacko porte ainsi une ambition qui dépasse son parcours personnel : faire entendre davantage les priorités du continent dans les grandes orientations de la gouvernance alimentaire mondiale.

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Pour une FAO plus inclusive et tournée vers les défis de demain

Au cœur de son projet figure la volonté de promouvoir une FAO davantage à l’écoute de ses États membres, plus inclusive et résolument engagée dans la transformation des systèmes agroalimentaires.

Sa vision met notamment l’accent sur le renforcement de la sécurité alimentaire mondiale, l’éradication de la faim et la promotion de systèmes agroalimentaires durables, résilients et inclusifs.Cette orientation répond à une réalité mondiale préoccupante : les crises climatiques, les conflits, les perturbations économiques et les difficultés d’accès aux ressources productives continuent de fragiliser les systèmes alimentaires et d’accentuer les inégalités entre les populations.

Pour les pays africains, ces défis revêtent une importance particulière. Le continent doit simultanément accroître sa production agricole, améliorer sa productivité, moderniser ses infrastructures rurales, renforcer la transformation locale des produits agricoles et faciliter l’accès des petits producteurs aux financements et aux marchés.

L’expérience de Joséfa Leonel Correia Sacko dans les institutions africaines et internationales pourrait ainsi constituer un levier pour défendre une approche davantage fondée sur les besoins des pays, les partenariats stratégiques et la mobilisation des ressources au bénéfice des producteurs et des communautés rurales.

Une candidature qui porte aussi une ambition féminine

La candidature de Joséfa Leonel Correia Sacko revêt également une dimension symbolique importante pour la représentation des femmes africaines dans les grandes institutions internationales.Son parcours illustre la progression d’une génération de femmes qui ont su s’imposer dans des secteurs stratégiques traditionnellement dominés par les hommes, notamment l’agriculture, la diplomatie économique et la gouvernance multilatérale.

De ses premières responsabilités au sein de l’administration angolaise à ses fonctions de commissaire de l’Union africaine, en passant par la direction de l’Organisation interafricaine du café, elle a construit une trajectoire fondée sur l’expertise, l’engagement institutionnel et la coopération internationale.

Son expérience constitue ainsi un argument majeur dans une compétition où la connaissance des réalités agricoles, la capacité de dialogue et le sens du consensus seront déterminants.2027, une échéance stratégique pour l’AfriqueLe renouvellement de la direction générale de la FAO, prévu en juillet 2027, représente une échéance importante pour la gouvernance mondiale de l’alimentation et de l’agriculture.

Pour l’Afrique, cette compétition constitue une occasion de renforcer sa présence dans les instances décisionnelles internationales et de faire valoir ses priorités dans la définition des politiques agricoles mondiales.

Avec Joséfa Leonel Correia Sacko, le continent mise sur un profil expérimenté, à la fois technique, diplomatique et politique, disposant d’une connaissance approfondie des défis agricoles africains et des mécanismes de coopération internationale.

Si son parcours lui confère des atouts indéniables, la conquête de la direction générale de la FAO nécessitera également de convaincre les différentes régions et les États membres de l’organisation.

Au-delà d’une ambition individuelle, sa candidature pose donc une question essentielle : comment faire de la sécurité alimentaire, de la souveraineté agricole et de la transformation des systèmes agroalimentaires des priorités effectives de la coopération internationale ?

En portant cette candidature, Joséfa Leonel Correia Sacko entend inscrire l’Afrique au cœur de cette réflexion. Une ambition à la mesure des défis du continent, mais aussi de son potentiel agricole et de sa contribution indispensable à l’équilibre alimentaire mondial.

En juillet 2027, les États membres de la FAO auront à se prononcer sur la personne appelée à conduire l’organisation pour les quatre prochaines années. Pour Joséfa Leonel Correia Sacko, l’enjeu sera de transformer le soutien africain en une adhésion internationale suffisamment large pour accéder à cette prestigieuse fonction.

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